billet d'humeur

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 Confinements

Cela fait un an que nous sommes enfoncés jusqu'au cou dans cette histoire de fièvre chinoise avec tous ses ennuis : confînement, couvre feu, masques, vaccin, contraintes sociales, hôpitaux dramatiquement saturés, opérations retardées, magasins et écoles fermés, régression économique etc... Il semblerait que chacun de nous devrait s'imposer les mesures que l'on nous recommande pour que cela cesse au plus vite. Il y a entre autres cette contrainte de ne pas former de groupes où l'on est trop près les uns des autres avec le risque accru de se passer le virus : dans les églises un banc sur deux est vide; celui qui est occupé ne l'est qu'à moitié. 

Et voilà que dans une bergerie, sur les pentes verdoyantes d'Utsu, à la seule lumière d'un magnifique clair de lune (on est écologique!) plusieurs dizaines de jeunes se sont réunis pour festoyer, voulant sans doute imiter ceux qui s'étaient entassés dans les bordes de St Pée ou de Soule. Inconscience de jeunes diront certains. 

Et ces adultes qui les justifient devant les micros soutenant que ce confinement est insupportable à leur âge ? Il faut qu'ils se défoulent sous peine de voir leur exaspération finir en sequelles psychologiques. Ce n'est pas fait pour les porter à la modération.

C'est donc cela le produit de notre civilisation moderne? Postmoderne me corrigeront certains. Moi qui croyait les jeunes sur-armés pour affronter ce monde qu'ils sont eux-mêmes en train de construire, culturellement suralimentés, la majorité ayant une formation 'post-bac", sans compter tous les "à côté" : télé, smartphone, voyages, erasmus etc...

A leur âge nous avons été neuf classes d'âge (cinq millions) à avoir vécu confinés, pendant deux ans pour certains, sur un piton d'Algérie, protégés par deux réseaux de fils de fer barbelés, sans télé (il n'existait pas), ni pelote, ni foot, ni bals (il n'y avait aucune fille), ni boissons (choix entre bière (mauvaise) et limonade, tièdes toutes le deux). Les magasins n'étaient pas fermés : il n'y en avait pas! On ne franchissait les barbelés que mitraillette à la main, pour crapahuter dans le djebel contre les fellagahs. Plus de cent Basques y ont perdu la vie à 20 ans. Nous en sommes sortis non? Armés d'un simple Certificat d'Etudes pour les plus grands intellectuels.

Et que dire de nos pères (deux millions) restés confinés pendant cinq ans, prisonniers dans les stalags Allemands , surveillés par des sentinelles en armes. Sous la menace des bombardements Anglais. 
Si c'est cela l'homme hypermoderne, il faut d'urgence changer tout le système mis en place par nos super-intellectuels, majors de l'ENA, Polytechnique, Agro, Mines, HEC etc... Avec ses valeurs. On juge l'arbre à ses fruits.

Si l'on allait voir du côté de l'Evangile : il ne recommande nulle part de retourner à Otsozelaia, ni de remplacer les maternités par des bergeries. On y voit les incurables guéris et les noces agrémentées par du vin de qualité supérieure... Il recommande simplement d'aimer, de penser aux autres.

C'est un certain François, pape de son métier qui, dans sa dernière encyclique, a dit au sujet de cette crise :"C'est une illusion de penser que nous pouvons revenir là où nous étions." Pauvre innocent! On voit bien qu'il n'est pas passé par les Grandes Ecoles!

 

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