Qui est François d'Ardan?

Qui est François d'Ardan?

SA MAISON NATALE
François est né dans la maison Sarhia, à Isturitz. On en trouve une 1ère trace dans les feuillets d’impôts de Navarre en 1366.

SA FAMILLE :
François d’Ardan est né dans la maison Sarhia le 6 juin 1733. Le registre de baptême mentionne le nom de son père : Guillaume d’Ardan et celui de sa mère : Jeanne Luro. Sa grand-mère était Kattalin Luro, fille de la maison Oihaberroa, et son grand père, François Etchart, de la maison Salaberria à Ayherre. (Auxotea) Le prêtre officiant était l’abbé d’Ihartze Sokobi, fils de la maison Sokobia.
François a 3 frères : Pierre, Jean et un autre Pierre.
Le nom de famille d’Ardan pourrait venir de la maison Arda-ainia de Ayherre.

SON ITINÉRAIRE :
François a fait ses études au Séminaire de Larressore.
Il fut ordonné prêtre le 5 juin 1762, et très vite il est nommé enseignant dans ce même séminaire.
Le supérieur, l’abbé Daguerre le nomme ensuite responsable du petit séminaire, alors que lui-même prend la tête du grand séminaire.
En 1766, lors du baptême d’une nièce, il signe : François d’Ardan (et non Dardan), "directeur au séminaire de Larressorre, oncle de la baptisée".
Après 10 années passées à Larressore, il est nommé au collège Sainte Barbe de Paris, comme confesseur des enseignants. Il y exercera durant 20 ans. Notons que 250 ans plus tôt, le jeune François Xavier était resté étudiant dans ce même collège.
Selon un témoignage de l’époque, l’abbé François d’Ardan était un homme doux et pieux.

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Lorsqu’éclate la Révolution, en 1789, François est à Paris. Le souffle du besoin de renouveau remplit aussi le collège (Séminaire) Sainte Barbe. Des séminaristes applaudissent la prise de La Bastille. Mais il y a aussi des opposants et parmi eux, le supérieur. On n’ pas de mal à imaginer l’ambiance insupportable qui règne dans la maison, à tel point que François doit renoncer à sa charge.
Lorsque les députés demandent aux prêtres de prêter le serment de fidélité à la constitution imposé depuis le 1 décembre 1790, beaucoup refusent, préférant ainsi obéir au pape plutôt qu’aux révolutionnaires.
C’est ce que fait François Dardan lorsqu’on le lui demande, le 11 août 1792.
Alors que l’armée prussienne est entrée en France, des républicains craignant que les prêtres réfractaires (plutôt royalistes) n’approuvent cette incursion, décident leur arrestation et en enferment certains dans le couvent des Carmes. Comme beaucoup d’autres prêtres et évêques, François d’Ardan est ainsi enfermé le 28 août.
Le 2 Septembre, vers 16h, une douzaine de révolutionnaires fou-furieux entrent au couvent-prison, pistolets, sabres, haches et couteaux à la main et se mettent à tuer ou à blesser sauvagement tous ceux qu’ils trouvent sur leur passage. En un quart d’heure, ils font 40 morts jusqu’à l’arrivée d’un chef qui leur demande d’agir légalement. Une dernière fois, on demande aux prisonniers de signer en échange de leur liberté. Tous ceux qui refusent sont aussitôt assassinés à coup d’épée et leur corps jeté, deux par deux, dans l’escalier qui descend à la cave. Après l’exécution de 114 personnes, dont François d’Ardan, la mission tragique prend fin. Il est 18h. Certains des corps suppliciés sont jetés dans une marre sur place, les autres emmenés en charrette dans un cimetière.

FRANÇOIS D’ARDAN, BIENHEUREUX !
Au mois d’octobre 1926, le pape Pie XI a déclaré Bienheureux tous ces prêtres et évêques martyrisés dans le cadre de cette journée sanguinaire du 2 septembre 1792.
Chaque année, le dernier dimanche du mois d’Août, en l’église d’Isturitz, une célébration marque la reconnaissance de la communauté chrétienne de son village natal et de toute la paroisse à l’abbé François d’Ardan.
De même, chaque année, le 2 Octobre, jour anniversaire de son exécution, une messe est célébrée à Sarhia, devant sa maison natale.
En 1998, lors de la réorganisation pastorale des paroisses du diocèse de Bayonne, les anciennes paroisses de Briscous, Urcuray, Hasparren, Bonloc, Ayherre, Isturitz, St. Martin d’Arbéroue, St. Esteben, Gréciette, Mendionde, Macaye ont été regroupées en une nouvelle paroisse dédiée désormais au Bx François d’Ardan.